Culture, civilisation et développement

LES ECRIVAINS ANTILLAIS FRANCOPHONES ET LA CONNEXION SENGHORIENNE

Ethiopiques 59

revue négro-africaine

de littérature et de philosophie

2ème semestre 1997

 

Senghor 90, Salve Magister

Hommage au Président Léopold Sédar Senghor

 

A l’Occasion de son 90e anniversaire

(Octobre 1996)

 

« Ce que nous attendons particulièrement du Sénégal, de votre Sénégal : qu’il nous apprenne à revaloriser une partie de notre patrimoine tombé en déshérence, qu’il nous renseigne le goût de nous-mêmes, qu’il nous apprenne à réconcilier Nature et Culture et qu’il nous fasse comprendre que la négation de la Nature, qu’elle n’en est que l’épanouissement et la stylisation ».

 

(Aimé Césaire à Léopold Sédar Senghor)

 

Cette citation, mise en exergue, est tirée du discours d’accueil prononcé par l’antillais Aimé Césaire en l’honneur de son ami sénégalais, Léopold Sédar Senghor, lors d’une conférence aux Antilles françaises en 1976 [1]. La citation souligne l’importance que les Antilles françaises rattachent à leur rapport avec le Sénégal en tant que pays et témoigne en même temps du respect qu’ont les Antillais pour la personne de Senghor, homme d’Etat sénégalais et poète noir. Il ne serait pas une exagération de dire que le contact intellectuel et culturel qui existe aujourd’hui entre les Antilles françaises et le Sénégal fut largement établi à travers l’amitié qui liait les trois grandes personnalités du mouvement de la négritude, à savoir Léon Gontran Damas, Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor.

Le premier contact entre les intellectuels antillais francophones et leurs confrères africains est né à Paris où se réunissaient les jeunes noirs africains (en majorité sénégalais), qui poursuivaient leurs études dans la métropole française. C’était donc là où se rencontraient, pour la toute première fois, Damas, Césaire et Senghor – trois amis qui étaient devenus selon Senghor, « les trois mousquetaires ». La rencontre entre Senghor et les deux Antillais allait avoir par la suite, une grande signification non seulement pour la naissance d’une certaine prise de conscience antillaise, mais aussi pour l’affirmation de la littérature noire en général, car comme en témoigne Senghor,

C’était au quartier Latin en plein Paris dans les années 1930. Un groupe d’étudiants noirs composé d’Africains et d’Antillais, avait décidé de ramasser dans la boue, le mot Nègre pour en faire un signe de ralliement : un drapeau [2] »

« Avant de se considérer comme Antillais ou Africains, ces étudiants se voyaient comme des Noirs ayant une mission en commun : libérer leur race ! Cette conscience raciale d’appartenir à une race dite inférieure s’était articulée autour de Senghor, Damas et Césaire, ce qui a aboutit à la naissance du mouvement de la négritude. La solidarité entre les étudiants conduit éventuellement à la fondation de la revue Etudiant noir, l’organe de la résistance noire. Encore une fois, cette revue fut animée par nos trois « mousquetaires ». Le premier numéro de la revue a bien précisé qu’ « On cessait d’être un étudiant essentiellement martiniquais, guadeloupéen, guyanais, africain, malgache pour n’être plus qu’un seul et même étudiant noir. Terminée la vie en vase clos [3] ».

Il est vrai que le contact initial entre Senghor et les écrivains antillais se situait sur le plan global de l’appartenance des Antillais et des Africains à la même culture et civilisation noire. Mais le fait demeure aussi que Senghor a pu au cours des années, influencer personnellement les précurseurs de la littérature contemporaine antillaise que sont Aimé Césaire et Léon Damas. L’on sait que c’est Aimé Césaire qui a crée le mot « négritude » et que Senghor et lui-même ont été les promoteurs les plus célèbres de la philosophie de la négritude. Toutefois, tandis que Senghor articulait la négritude à l’Afrique, Césaire, quant à lui, donnait un visage purement antillais à la négritude. Force est de constater ici que l’influence senghorienne sur Césaire fut remarquable. Pour formuler sa propre version de la négritude, Aimé Césaire a profité de son rapport avec Senghor tout en reconnaissant la différence symbolique entre lui (en tant qu’Antillais) et Senghor en tant qu’Africain. La rencontre entre Césaire et Senghor a pris une dimension symbolique pour Césaire parce que c’était en rencontrant Senghor qu’il a découvert le monde africain. Ecoutons Césaire à ce propos :

« Deux jours après mon arrivée à Paris, j’étais au Lycée Louis-le Grand et presque sur le seuil de la porte, j’ai rencontré celui qui est devenu mon ami : Léopold Sédar Senghor.

Autrement dit : l’Europe m’a apporté l’Afrique » [4].

Dans une interview avec l’écrivain haïtien, René Depestre, Aimé Césaire a bien expliqué l’influence de Senghor sur lui quand il a dit :

« J’ai rencontré très tôt Senghor qui me parla beaucoup de l’Afrique. Et cela me frappa énormément. Je lui dois la révélation de l’Afrique et la singularité africaine. Et j’essayais de concevoir une théorie qui tient compte de toutes nos réalités [5] ».

A travers Senghor donc, Césaire avait découvert la terre de ses ancêtres, une découverte qu’il allait célébrer plus tard dans ses oeuvres marquées par leur inspiration plus africaine qu’antillaise. Ainsi, Césaire, poète et dramaturge antillais, nous lègue des oeuvres qui, de par leur sensibilité, révèlent jusqu’à quel point ce contact avec Senghor lui a inspiré des créations littéraires portant sur la réalité africaine. Citons à titre d’exemple la pièce de théâtre, Une saison au Congo et quelques poèmes dont « Afrique », « Salut à la Guinée », « Pour saluer le Tiers Monde » etc. Dans ces oeuvres, Aimé Césaire fait valoir non seulement sa bonne compréhension des problèmes africains, mais il témoigne en même temps de son amour pour la terre de ses ancêtres.

A part sa découverte de l’Afrique, le contact avec Senghor a permis à Césaire de se découvrir lui-même. Il a pu mieux saisir la limitation de son « africanité » par rapport à un Senghor. Certes, les Antillais et les Africains ont les mêmes racines ancestrales, mais l’esclavage et le colonialisme ont modifié cette réalité historique. Ce qui fait que tandis que Senghor est né dans une société africaine bien enracinée dans le passé ancestral, Césaire quant à lui, se voyait comme le descendant d’ex-esclaves dont la racine fut arrachée à la terre ancestrale. C’est pour cela que finalement, en formulant sa théorie de la négritude, Césaire s’est tenu bien compte de la spécificité antillaise. C’est ainsi qu’il a pu mettre au point sa position par rapport à celle de Senghor en ce qui concerne la négritude, en affirmant qu’ :

« Il y a la négritude senghorienne et il y a ma négritude et il y en a d’autres encore. La négritude senghorienne est caractérisée par une volonté de restauration, comme il l’a dit lui-même, c’est la défense et l’illustration des valeurs africaines. Il est clair que ma négritude ne pouvait être exactement celle-là. Simplement (…) parce que Senghor est africain et qu’il a derrière lui un continent, une histoire, cette sagesse millénaire, et que je suis Antillais donc un homme de déracinement et de l’écartèlement. Par conséquent, j’ai été amené à mettre davantage l’accent sur la quête dramatique de l’identité. Cette quête est superflue chez Senghor parce qu’il est dans son être et ne peut que l’illustrer. Chez moi, il y a une recherche et c’est ce qui donne à cette démarche un certain pathos » [6].

La signification de l’influence senghorienne sur Césaire ici devient beaucoup plus cruciale quand on considère que Césaire a eu pas mal d’influence sur les écrivains antillais de sa génération. En plus, il n’y a pas à douter le fait que même sur le plan de compréhension du monde antillais, la rencontre de Senghor et Césaire a été très fructueuse, comme l’a bien avoué Césaire lui-même :

« Ce compagnage avec Senghor, cette révélation qu’il m’a faite de la terre première, cette révélation des civilisations africaines m’ont profondément marqué parce que je trouvais dans cette civilisation ce que je cherchais confusément : les attendus des phénomènes martiniquais. Et je me suis bien rendu compte qu’on ne peut comprendre les Antilles françaises sans la juxtaposition du fait africain correspondant » [7].

Si la collaboration entre Senghor et Césaire a été significative quand il s’agit de la fixation initiale de la littérature noire en général et de la littérature antillaise en particulier, l’amitié qui liait Senghor avec Damas fut également importante pour la littérature antillaise contemporaine. Damas, le troisième « mousquetaire » de la littérature noire, était d’origine guyanaise et il a eu l’honneur d’être le premier parmi les trois à illustrer la négritude quand il a publié sa collection des poèmes intitulée Pigments, en 1937. En tant qu’ami de Damas, Senghor a joué un rôle pour assurer la publication de Pigments, un des premiers textes importants de la littérature antillaise contemporaine. Senghor fait partie des admirateurs de Damas qui sont venus à son aide financière le moment de tirage de l’oeuvre à 500 exemplaires par souscription. S’il faut en croire Lilyan Kesteloot et Barthélémy Kotchy, « L. S. Senghor (a couvert) une partie des frais en adressant 600 F à L. G. Damas [8] ». Par ce geste, quoi que modeste, Senghor contribuait déjà à la naissance de la toute première oeuvre antillaise de l’après 1932 [9]. L’importance de cette oeuvre pour la littérature antillaise en particulier a été bien soulignée par Damas lui-même quand il a remarqué :

« Pigments a été non seulement le premier livre de la génération. Pigments a été le manifeste de la négritude (…). Tous les poètes de la génération post-Pigments ont été contraints de se servir des éléments de ces poèmes, toutes les idées » [10] ».

La collaboration entre Senghor et Damas se poursuivait même après leur séjour à Paris. Devenu plus tard homme politique et chef de l’Etat, Senghor qui n’avait pas abandonné les activités littéraires et culturelles, a maintenu les rapports cordiaux avec Damas. Celui-ci se rendait souvent au Sénégal où il donnait des conférences à l’Université de Dakar. C’est ainsi qu’en 1966, par exemple, cet ami de Senghor et du Sénégal, était présent à Dakar pour participer au Festival des Arts Nègres. Dix ans plus tard, il n’a pas manqué l’occasion de la célébration du soixante-dixième anniversaire de Senghor à Dakar où il avait participé pleinement aux activités organisées pour l’anniversaire. Comme Aimé Césaire, l’amitié entre Damas et Senghor a permis à Damas de découvrir, lui aussi, son « africanité » à tel point qu’il a pu déclarer un jour à Souleye Diagne, ancien Magistrat à Dakar et son ami de longue date, « qu’il (Damas) comptait parmi ses ancêtres noir un « Ba » [11]. C’était peut-être ce sang sénégalais qui coulait dans ses veines qui lui a inspiré un poème comme « Et cetera », destiné :

 

« Aux Anciens Combattants Sénégalais

aux futurs Combattants Sénégalais

à tout ce que le Sénégal peut accoucher

de combattants sénégalais futurs anciens

de quoi je-me-mèle futurs anciens

de mercenaires futurs anciens

de pensionnés

de galonnés

de décorés

de décavés

de grands blessés

de mutilés

…………………………. » (Pigments)

 

La collaboration entre Senghor et ses deux collègues antillais (Césaire et Damas) a crée une base solide sur laquelle s’étaient fondées les futures collaborations entre la génération succédante des écrivains antillais et le Sénégal. Pour sa part, Senghor a profité de sa position en tant que chef de l’Etat sénégalais pour promouvoir davantage la fraternité entre son pays et les îles antillaises françaises, facilitant ainsi le contact entre les écrivains antillais et l’Afrique en général et le Sénégal surtout. L’intérêt que portait Senghor sur les Antilles françaises était si remarquable que Léonard Sainville, un écrivain antillais, a pu confirmer que Senghor n’a jamais oublié ses confrères antillais. Ecoutons-le :

« Je dois avec autant de force affirmer qu’il (Senghor) n’a jamais cessé, par exemple, de faire valoir son influence bien faisante en faveur des Antilles en qui il a toujours reconnu les descendants d’Africains que l’ancienne colonisation avait déportés et trop souvent des frères malheureux et ourchassés [12] ».

En tant qu’ami des Antilles et des Antillais, Senghor était le premier chef d’Etat africain qui se soit rendu aux Antilles françaises, suite à sa visite en 1976. En l’occasion de cette visite-là, le poète africain a prononcé un discours ayant comme sujet : « La négritude comme culture des peuples noirs ne saurait être dépassée », au cours duquel il a réaffirmé son soutien pour les îles et pour ses collègues écrivains en ces termes :

« Heureux Antillais ! Si je suis venu à vous de mon Sénégal natal, pas si loin que vous ne le croyez (…), c’est pour aider à vous confirmer dans la fierté de votre situation [13] ».

Tout en encourageant les rapports socio-culturels entre son pays et les Antilles, Léopold Sédar Senghor n’a pas oublié son premier amour, qu’est la littérature. Malgré ses fonctions en tant que chef de l’Etat, il n’a pas perdu de vue sa responsabilité envers le peuple du Tiers-Monde dont font partie les Antillais. Il a continué à soutenir les écrivains négro-africains pour que ceux-ci puissent libérer leur peuple à travers la littérature. C’est ainsi qu’il reconnaît aux écrivains antillais leurs grands talents et leur engagement en faveur des pays noirs opprimés. Pour faire hommage à ces écrivains, il leur dédie, par exemple, certains de ses poèmes. A Aimé Césaire, il dédie le poème « Lettre à un poète », dans lequel il fait l’éloge du poète antillais en louant la qualité de sa poésie ainsi que sa vision poétique. Senghor profite de l’occasion pour rappeler à Césaire sa responsabilité (en tant qu’écrivain noir) envers sa race :

 

« La braise ardente, ta musique vers quoi nous tendions nos mains et nos coeurs d’hier.

Aurais-tu oublier ta noblesse, qui est de chanter les Ancêtres les Princes et les Dieux, qui ne sont fleurs ni gouttes de rosée ?

Tu devrais offrir aux Esprits les fruits blancs de ton jardin… » (Lettre à un poète)

 

Il a dédié un autre poème, « Que m’accompagnent Koras et balafong » à une personnalité littéraire antillaise de très grande importance dans la littérature noire. Il s’agit de René Maran, l’auteur de Batouala, le « véritable roman nègre ». C’était Senghor qui a qualifié René Maran, cet Antillais d’origine guyanaise, de « précurseur de la négritude » parce que Maran a été le premier écrivain noir à condamner les iniquités de la mission coloniale en Afrique à travers une oeuvre littéraire. Tout en dénonçant l’administration coloniale française, son oeuvre avait troublé la conscience du monde blanc, sensibilisant le monde noir au racisme qui caractérisait le système dans la diaspora. Il est évident que la littérature de la négritude propagée par Senghor et ses confrères antillais a succédé aux efforts pionniers de René Maran pour une revalorisation de l’image de l’homme noir. En reconnaissance de ce noble rôle joué par Senghor à l’égard de la promotion de la littérature noire, l’Editorial de Présence Africaine, lors de la publication de Hommage à Léopold Sédar Senghor, a bien insisté sur le fait que : « L’oeuvre de Léopold Sédar Senghor n’est pas seulement une oeuvre littéraire de haute qualité que l’humanité entière a pu apprécier et qui appartient déjà à tous les peuples (…). Léopold Sédar Senghor a aidé à faire susciter et connaître des oeuvres négro-africaines, il a également agi en faveur de l’essor d’une politique culturelle mondiale » [14].

Toujours dans le même esprit de collaboration avec, et d’encouragement pour les écrivains antillais, Senghor a consacré une bonne partie de son Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache [15] à la poésie antillaise, rassemblant ainsi les poèmes des Antillais tels que Léon Gontran Damas, Aimé Césaire, Gilbert Gratiant, Etienne Lero, Guy Tirolien et Paul Niger entre autres. L’influence de Senghor sur certains de ces poètes se fait sentir surtout chez un poète comme Gratiant. D’après Isabelle Gratiant, « Les notions de métissage culturel et dialogue de culture exprimée par Senghor trouvent leurs homologues antillais chez Gratiant » [16].

Etant donné cette largesse d’esprit dont Senghor a fait preuve au cours des années, il n’est pas du tout étonnant de constater que son pays, le Sénégal, est devenu un pays d’accueil pour les écrivains antillais désirant séjourner en Afrique. Parmi les écrivains antillais qui se sont déplacés vers le Sénégal, citons les suivants à titre d’exemple : il y a Joseph Zobel, qui en tant que fonctionnaire a été affecté à Dakar en 1957. C’était au cours de son séjour dans le pays qu’il a écrit Le soleil partagé [17] et il est resté au Sénégal jusqu’en 1976 quand il a pris sa retraite. Simone Schwarz-Bart, romancière guadeloupéenne et auteur de plusieurs oeuvres, a fait ses études à Dakar où elle a séjourné avec son mari, André. Il y a aussi Maryse Condé qui a vécu pendant quelques années au Sénégal et très célèbre pour ses romans « africains » notamment Hérémakhonon [18], Une saison à Rihata [19]et Ségou [20]. Quant à la romancière Myriam Warner-Vieyra, auteur de Le Quimboiseur l’avait dit… [21], Juletane [22] et Femmes échouées [23], elle a épousé un sénégalais et vit à Dakar depuis plus de vingt ans.

 

CONCLUSION

 

En guise de conclusion , nous voudrions affirmer sans aucune hésitation que Léopold Sédar Senghor mérite bien une place importante dans l’histoire de la naissance de la littérature antillaise francophone contemporaine. Il était présent à Paris dès la première heure avec les deux principaux pères de la littérature antillaise de l’époque moderne, à savoir Léon Gontran Damas et Aimé Césaire. Poètes -tous les trois- et collaborateurs intimes, ils se sont influencés, sans perdre leur individualité littéraire. Mais l’influence de Senghor sur les deux Antillais a pris une dimension surtout symbolique dans la mesure où ce contact entre lui, en tant qu’Africain, et Damas et Césaire en tant qu’Antillais a permis à ces derniers de mieux définir leur identité antillaise ainsi que de bien apprécier le monde africain.

Le résultat de ce contact s’est fait sentir aussi chez les autres écrivains antillais de la négritude qui ont partagé les rêves senghoriens pour l’émancipation socio-culturelle de l’homme noir partout dans la diaspora. Le séjour des écrivains antillais en Afrique qui a été largement favorisé par l’influence et la connexion senghoriennes, a bien porté des fruits dans le domaine de la connaissance des civilisations du monde noir. Non seulement les écrivains antillais qui ont séjourné en Afrique (surtout au Sénégal) ont beaucoup appris de l’Afrique (n’ont-ils pas écrit des romans africains ?), mais à leur tour les Africains se sont énormément renseignés sur les Antillais et le monde antillais par les œuvres publiées par les Antillais pendant leur séjour en Afrique.

 

[1] Voir Hommage à Léopold Sédar Senghor, Paris, Présence Africaine, 1976, p. 42.

 

[2] Léopold Sédar Senghor, « La mort de Léon Gontran Damas » in Hommage posthume à Léon Gontran Damas, Paris, Présence Africaine, 1979, p. 10.

 

[3] L’Etudiant noir, n° 1, 1934, cité par Maryse Condé, Cahier d’un retour au pays natal (Profil d’une oeuvre), Paris, Hachette, 1978, p. 10.

 

[4] Jacqueline Leiner, « Négritude et antillanité – Entretien avec Aimé Césaire », Notre Librairie, n° 74, Avril-Juin 1984, p. 11.

 

[5] René Depestre, « Interview avec Aimé Césaire » in Bonjour et adieu à la négritude, Paris, Robert Laffont, 1980, p. 72.

 

[6] Jacqueline Leiner, op. cit., p. 11.

 

[7] Ibid., p. 11.

 

[8] Lilyan Kesteloot et Barthélémy Kotchy, Aimé Césaire, l’homme et l’oeuvre, Paris, Présence Africaine, 1973, p. 249.

 

[9] C’était en 1932 qu’apparut Légitime Défense, la revue radicale signée par les jeunes Antillais qui se révoltaient contre la nature réactionnaire des oeuvres antillaises. Pigments était accueilli comme le modèle de ce que devait être la nouvelle littérature antillaise.

 

[10] Femi Ojo-Ade, « Négritude Revisited : An interview with Léon Damas », Manna, n° 3, 1972, p. 17 (Traduit de l’anglais par Femi Ojo-Ade). Cité par Ojo-Ade, Hommage posthume à Léon Gontran Damas, op. cit., p ; 158.

 

[11] Soulèye Diagne, « A la mémoire de Léon Gontran Damas », in Hommage posthume à Léon Gontran Damas, p. 266.

 

[12] Léonard Sainville « Témoignage », in Hommage à Léopold Sédar Senghor, op. cit., p. 135.

 

[13] Réponse de Senghor à Césaire, lors de la Conférence organisée aux Antilles Françaises en Février 1976, in Hommage à Léopold Sédar Senghor, p. 65.

 

[14] Hommage à Léopold Sédar Senghor, p.12

 

[15] Léopold Sédar Senghor, Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache, Paris, PUF, 1948.

 

[16] Isabelle Gratiant, « Présence et absence de l’Afrique dans l’oeuvre de Gilbert Gratiant », Notre Librairie, n° 74, p. 49.

 

[17] Joseph Zobel, Le soleil partagé, Paris, Présence Africaine, 1964

 

[18] Maryse Condé, Hérémakhonon, Paris, Union Générale d’Editions, 1976.

 

[19] Maryse Condé, Une saison à Rihata, Paris, Robert Laffont, 1981.

 

[20] Maryse Condé, Ségou, Paris, Robert Laffont, 1984.

 

[21] Myriam Warner-Vieyra, Le Quimboiseur l’avait dit…, Paris, Présence Africaine, 1980.

 

[22] Myriam Warner-Vieyra, Juletane, Paris, Présence Africaine, 1981.

 

[23] Myriam Warner-Vieyra, Femmes échouées, Paris, Présence Africaine, 1988.