Littérature

OBSERVATIONS SUR LA NOUVELLE GENERATION D’ECRIVAINS AFRICAINS

Ethiopiques n° 78.

Littérature et art au miroir du tout-monde/Philosophie, éthique et politique

1er semestre 2007

Dans un ouvrage collectif récent « Figures croisées d’intellectuels » (Karthala 2007) on rappelait l’objectif de la première génération d’intellectuels africains qui manifestaient « la volonté de sortir l’homme noir de l’oubli, du mépris, et de lui restituer sa dignité [2] ».

Est-ce à l’échec de ce projet qu’il faut attribuer la rupture, ou plutôt la volonté de rupture des écrivains négro-africains « issus de l’émigration » d’avec les générations précédentes et notamment celles de la Négritude (de 1935 à 1980 pour aller vite), qui est régulièrement signalée dans les médias français, qu’ils se consacrent ou non à la littérature négro-africaine ? Ainsi Notre Librairie devenue Cultures Sud, avec Africultures, et plus récemment et plus bruyamment Le Monde des Livres (16 mars 1007) qui annonce, dans un article signé Michel Le Bris, l’avènement d’une « Littérature-monde en français ».

S’il est tentant de reprendre le concept « économie-monde » élaboré par Fernand Braudel il y a déjà quelques années, il n’est pas sûr que son extrapolation au domaine de la langue – media obligé de la littérature – soit pertinente, la langue étant bien l’élément le moins mondialisable des cultures.

Dès lors déclarer « le décès de la francophonie » n’est pas davantage pertinent, surtout dans la bouche du promoteur des sessions « Etonnants voyageurs » à Bamako, Saint-Malo et autour de l’Afrique, qui depuis 10 ans sont les vitrines les plus voyantes de la francophonie ! Comme on dit vulgairement, « il ne faut pas cracher dans la soupe »

Ceci n’est cependant que la moindre part des morts annoncées par l’article du Monde. En effet, il décrète aussi la suppression des contraintes idéologiques et, parmi celles-ci, l’allégeance à la nation ou la race, et n’accepte désormais dans la littérature que l’empire « de la poésie et de l’imaginaire ».

Ceci n’est que le point d’aboutissement d’une démarche qui a consisté, dans un premier temps, à « libérer » les jeunes écrivains qui, pour diverses raisons, résidaient en France, de la tutelle morale des « aînés », ainsi que des objectifs que ceux-ci assignaient à l’exercice littéraire [3].

Certes ce mouvement était largement amorcé par ce que nous avons appelé « les romanciers du chaos » [4], mouvement illustré dès les années 85-2000 par les Labou Tansi, Moussa Konaté, Bernard Nanga, Alpha Diarra, Williams Sassine, Tierno Monénembo ; mais aussi Sylvain Bemba, Boris Diop, Oumar Kanté, Okumba Ngoke, Emmanuel Dongala, Werewere Liking et j’en passe.

Il est vrai que la majorité de ces écrivains demeuraient en Afrique. Il est vrai aussi que le mouvement actuel de rupture plus radicale se dessinait déjà chez des romanciers émigrés comme Kossi Efoui, Baenga Bolya, A. Wabéri.

Mais après 2000, avec peut-être la création des collections ad hoc chez Gallimard et Dapper et les titres par elles retenus, la dite rupture s’accentue, et apparaissent successivement des noms inconnus jusqu’ici, comme Sami Tchak (La place des fêtes), Kagni Alem (Coca cola Jazz), Alain Mabanckou (African psycho, Verre cassé), Patrice Nganang, (Temps de chien, et L’invention du beau regard) et Couao Zotti (L’homme dit fou…et Notre pain de chaque jour), G. Paul Effa (Le cri que tu pousses n’éveillera personne) [5].

On constate alors quelques traits caractéristiques : ces auteurs s’exercent à une écriture « différente », et ce, même si au départ ils avaient écrit leurs premiers romans en une langue transparente et élégante. C’est le cas de Waberi, de Mabanckou, de G. P. Effa, que T. Monénembo rejoignit pour un temps dans cette adhésion au courant plus en vogue à Paris.

Désormais donc ces écrivains préfèrent mélanger les cartes d’un récit jugé trop intelligible, et, pour certains, ils suppriment toute ponctuation et tout paragraphe. De même la distinction entre narrateur, sujet, narrataire et autres acteurs du récit disparaît ou se brouille. Concernant le lexique, l’introduction très fréquente de l’argot ou des vocables africains locaux ajoute à l’opacité du texte ; cependant que la difficulté de lecture qui s’ensuit devrait être surmontée par des scènes d’extrême violence ou d’érotisme brûlant, qui désormais ont pour rôle d’épicer ces « nouveaux romans ». Si l’on aborde Kossi Efoui, Couao Zotti, Sami Tchak, Kagni Alem ou P. Nganang, pour ne citer qu’eux, on remarquera ces tendances à des degrés divers. Tendances auxquelles il faut ajouter « le refus de l’exclusivité du référent culturel » – non pas francophone –, mais africain au profit, constatons-le, des influences très françaises du nouveau roman (dépassé déjà en France) et du roman « hard » branché sur le sexuel et l’homosexuel. Je caricature un peu, mais si peu ! les alibis avancés sont « le refus des cloisonnements et des limites » et la volonté de « libération des contraintes identitaires ».

Cette « nouvelle écriture » se signale souvent par une suppression des paragraphes ; je rappelle que déjà Butor et Perec (cela fait 40 ans !) avaient testé cette présentation. Cela n’avait fait que rendre moins attractive la lecture de leurs romans.

Un autre artifice, comme la suppression des majuscules à l’ouverture d’un chapitre ou d’un paragraphe, est plus récent ; mais on le voit déjà il y a 10 ans chez Philippe Haulet, par exemple, dans son roman Pitiés (1997). Aussi quand Mabanckou le reprend dans ses Mémoires d’un porc-épic [6] (Prix Renaudot), ce n’est pas nouveau. Mais un simple accroc au bon usage, qui n’apporte rien.

Pour le recours à l’argot, à la langue verte ou aux expressions graveleuses, il n’y avait pas de meilleurs maîtres que Céline…ou San Antonio (Frederic Dard).

Retrouver ce langage chez des écrivains comme Kagni Alem, Couao Zotti, Kwahule, Sami Tchak, surprend ceux qui savent que ce sont là de savants professeurs de lettres, ou docteurs en sociologie. Pourquoi cette vulgarité qui ne leur est certainement pas naturelle ? Rien ne vieillit plus vite que l’argot. Il suffit de lire D’un château l’autre [7] pour constater qu’une série de mots ou d’expressions sont aujourd’hui dépassés ; j’aime bien citer le cas de Bernard Pivot qui dans sa dictée annuelle s’étonne du nombre de fautes faites au mot « bath », alors qu’aujourd’hui on dit chouette, super, fun, ou grave ! En deux générations le mot d’argot perd son intelligibilité.

Cependant cette tendance est forte chez les écrivains noirs émigrés, et on regrette de la constater chez un Daniel Byaoula, dont L’impasse et Agonies [8] sont si magnifiquement écrits, qu’on est vraiment déçu de voir son 3e roman tomber dans ce travers ; et là encore, cela semble artificiel sous la plume de ce docteur en biologie.

Qu’on le veuille ou non le roman est fait de conventions, et les niveaux de langue en sont une, nécessaire, référant au statut social des locuteurs. Les enfants, les jeunes de banlieue, les étudiants, les fonctionnaires, les bourgeois du XVIe siècle ont des registres différents. L’auteur enfin a le sien, et sa narration a intérêt à correspondre à son niveau intellectuel. C’est là que fut piégé Kourouma, dans sa fiction Allah n’est pas obligé [9]. Il s’exerce à narrer son histoire par la bouche d’un enfant-soldat. Cela marche assez bien au début. Mais dès le tiers du livre, son langage naturel, à lui Kourouma, revient au galop par pages entières, et l’effet de réel est brisé….lorsqu’il reprend ensuite son procédé, il sent l’artifice, irrémédiablement. Même remarque pour Patrice Nganang [10], dont le narrateur était un chien. Un écrivain français a pu écrire tout un ouvrage sur la métamorphose d’une femme en truie. Mais c’était la femme qui demeurait le narrateur, et non l’animal.

Bref ces « nouveautés » de l’écriture rapprochent sans doute nos écrivains émigrés de la littérature française actuelle et c’est efficace pour leur intégration, sans doute. Mais cela les éloigne en revanche et de leur public africain et d’une créativité propre, dans la mesure où ils récoltent les tics d’écriture de leurs confrères français.

On peut en dire autant concernant la tendance « sex and blood » à la mode depuis 30 ans et qui tend à s’infléchir vers le sadomasochisme et l’exhibitionnisme avec Matznelf, Jones Gorlin, ou Christine Angot. Mais peut-on faire mieux que Sade lui-même ?

Chez nos écrivains africains l’exhibitionnisme sexuel relève de la provocation, certes. Les scènes pornographiques sont à présent de rigueur dans les romans d’africains immigrés. De ce fait ils choisissent leur public, car cela ne pourrait plaire, certes, dans leur Togo ou leur Cameroun d’origine ! La critique occidentale a suffisamment taquiné les Africains pour leur pudeur verbale littéraire.

Mais déjà Y. Ouologhem avait compris, dès 1968, ce qu’il fallait écrire pour plaire à la « France Nègre ». Il avait 40 ans d’avance lui aussi ! Et à l’époque il fut conspué par toute la classe intellectuelle africaine.

Il est vrai qu’il faut vivre. Et pour vivre il faut vendre. Les contraintes métropolitaines qui jadis s’exercèrent sur Yambo Ouologhem pèsent plus encore sur ces écrivains, comme lui émigrés et avides de percer. D’où également le recours abondant aux médias de toutes sortes par interviews nombreux accordés ou sollicités auprès des TV, revues, journaux, semaines culturelles, salons du livre, etc.

Il y a là tout un circuit que nos auteurs se doivent de parcourir durant toute l’année, pour avoir une chance de se présenter aux prix en septembre. « Certes le talent sauve tout – reconnaît Pierre Brunel [11] – mais peut-on utiliser le talent n’importe comment ? Est-ce qu’il n’y a pas un danger de gâchis ? …N’est-ce pas dommage d’avoir l’air …de rechercher un effet de scandale ? » Les regrets de Pierre Brunel s’adressent à des écrivains français qui auraient « beaucoup de choses à dire ».

Et nous, de nous demander si nos écrivains africains n’ont pas, en effet, autre chose à dire ? Il est vrai que Sade sous la pression de son éditeur avouait « j’ai besoin d’argent … mon éditeur me le demandait bien poivré…je le lui ai fait capable d’empester le diable ! » [12].

Que cherche donc Sami Tchak pour assaisonner son roman La place des fêtes (Gallimard 2000) de moultes scènes d’accouplements normaux…et paranormaux, dont il ne passe aucun détail ? Et Kagni Alem dans Coca cola jazz (Dapper 2003), croit-il vraiment que les amours de deux demi-sœurs gouines nous feront mieux apprécier son talent ? C’est en revanche bien dans le ton de Patrick Besson ou de Houellebecq.

Par ailleurs jusqu’ici tout ce mouvement était récupéré au bénéfice de la Francophonie, cela allait de soi. Or une dernière étape est franchie aujourd’hui, avec cet article du Monde paru juste avant le grand salon du livre à Paris – d’avril 2007 – et qui prétend projeter désormais cette littérature affranchie du souci identitaire dans les limbes du mondialisme et, plus précisément, dans ce qu’on appelle déjà la world littérature.

Michel Le Bris prend quelques uns de ces écrivains africains et les mélange hardiment avec des aînés (M. Condé, E. Glissant), des Français (Orsenna, Le Clezio, Rambaud) – alors qu’aucun de ces auteurs et ni les Belges et ni les Canadiens, noirs ou blancs, ne partagent les marques stylistiques ou les tendances crypto-porno de cette « nouvelle génération ».

D’autre part, Michel Le Bris insiste sur ce côté a-national et dénué du souci identitaire. Mais alors pourquoi Glissant et Condé sont si profondément Antillais, pourquoi Laferrière est si parfaitement Haïtien ? pourquoi Le Clezio et Orsenna sont tellement français, même lorsqu’ils écrivent Onitsha, ou Madame Ba ? [13]

Ils appartiennent sans conteste au mouvement post-moderne, avec Sollers, Vautrin, Didier Decoin, Tillinac, Kerouac, Marie Nimier, Eric Laurrent, R. Jauffret, J. Ch. Ruffin, D. Daeninkx, Ph. Dijan, etc., débarrassés déjà des grandes idéologies de l’époque sartro-marxiste. Débarrassés aussi des a priori des ténors du nouveau roman, ceux-ci ayant épuisé leur thématique et leurs formes. Ce fut une étape ayant produit ses chefs d’œuvre (Duras, Sarraute, Robbe-Grillet, Les choses de Georges Perec, et ce roman qu’il écrivit tout entier sans utiliser la lettre e !).

Mais quelles que soient les écoles et les tendances, les auteurs français d’aujourd’hui gardent leurs marques, et d’autant plus français qu’ils sont non embrigadés.

Je songe à Césaire qui écrivait : « Et tous zèbres de se secouer pour faire tomber leurs zébrures en une rosée de lait frais ». Il n’est pas plus aisé aux zèbres de France qu’à ceux d’Afrique de se dégager de leur identité culturelle, des valeurs de leurs nations, ni même de leurs manières de sentir et de penser.

D’ailleurs ce refus de l’identité n’est en rien l’intention des écrivains français, ou canadiens, ni même de ceux qui écrivent à l’occasion sur l’Afrique ou les Iles, les Tournier, Tillinac, Orsenna, Le Clezio.

Et de même qu’ils sont inévitablement français, même si on tente de les déraciner pour les plonger dans une « Littérature-monde », de même aussi Mabanckou, Waberi et leurs collègues demeurent africains et Ben Jelloun, maghrébin, que cela leur plaise ou non. Il est vain de le nier ! leurs textes les trahissent, en dépit de leurs déclarations.

Rappelons aussi qu’il n’était pas nécessaire de faire toutes ces contorsions pour être lu et connu. Les meilleurs exemples sont ceux de Fatou Diome et Ken Bugul. Tout en restant elles-mêmes, et très « ethniques » de surcroît, elles sont très prisées par les médias et célèbres en très peu de temps.

Enfin, comme il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, nous tenons à signaler dans cette nouvelle génération tout d’abord d’autres femmes : V. Tadjo, Tanella Boni, Mariama Barry, ou Bessora, qui échappent à nos critiques faites à leurs collègues masculins, de même que le Camerounais Eugène Ebodé. Et surtout Ananda Dévi qui mérite largement son prix (Francophonie) pour son roman Eve de ses décombres (Gallimard, 2006).

Et ce en refusant les artifices de la graphie ou les ingrédients sado-masochistes à la mode, mais par une écriture serrée aiguë comme un poignard, et d’une violence d’autant plus sensible qu’elle est retenue, et apte à transmettre une révolte radicale sans précédent. Ananda Dévi écrivain de la rupture, oui certes, comme l’était C. Beyala dans C’est le soleil qui m’a brûlée. En espérant qu’elle ne soit pas, à son tour comme cette dernière, récupérée largement par l’establishment littéraire métropolitain.

En espérant aussi que les autres écrivains émigrés puissent en sortir, comme a pu le faire Tierno Monénembo [14] ; ou ne pas y entrer, comme B. Boris Diop qui ne suit pas les modes, même s’il se sert volontiers des médias qui les diffusent.

Du reste, les plus « affranchis » des références ethniques comme Mabanckou, Waberi, Kossi Effoui, Raharimana ne peuvent s’empêcher de projeter l’Afrique sous forme de fantasme, ou encore leurs angoisses et complexes de nègres dans une société raciste. A quoi bon se voiler les yeux. Relire L’impasse qui est vraiment un grand livre.

Cette nouvelle génération est en effet pourrie de talents et il est désolant de la voir ainsi déviée, dévoyée de son cri « de son vrai cri, celui qu’on sent sien, et lui seul » (Césaire, toujours).

Signalons pour terminer l’activité de Boniface Mongo Mboussa, brillant critique congolais, qui promeut cette nouvelle génération à toute occasion, par ses articles dans les revues et ses ouvrages : Désir d’Afrique et L’indocilité supplément au désir d’Afrique (2004, 2005). Les deux parus chez Gallimard, collection Continents Noirs, qu’injustement on traite de « ghetto » parce qu’elle signale l’origine de ces écrivains !

Mais s’il est louable de promouvoir systématiquement ses jeunes compatriotes sur la place de Paris, on souhaiterait que ce critique soit plus sélectif. Son enthousiasme pour ces « écrivains de l’insolence et de l’irrévérence » nous incline fortement à les lire. Et l’on y retrouva en effet la transgression de tous les tabous sociaux, le meurtre (symbolique) du père et de la mère, le dandysme, la paranoïa, la folie, la dérision et l’autodérision. On ne peut qu’entériner le diagnostic du critique littéraire.

Et plus encore son dévoilement des causes internes du phénomène. Selon Mongo Mboussa, en effet, ces romans qui tournent parfois à la « tauromachie littéraire » sont précisément produits par des Africains que l’Afrique actuelle a déçus ou repoussés ; exilés de gré, ou de force, parfois aussi nés en exil, ils assistent de loin à « l’implosion de l’Etat-nation » – et à l’écroulement de leurs illusions sur l’avenir du continent noir. Or les intellectuels restés en Afrique souffrent du même tourment et davantage. Mais ceux qui sont plongés dans Paris, qui est « une ville où tout le monde perd ses principes » (Baldwyn), ces Africains-là deviennent alors « bâtards internationaux », « enfants de l’errance » ou encore « Congaulois ».

S’accommodant désormais d’une famille intellectuelle métropolitaine et de ses travers un peu trop facilement. Dommage (ceci est notre opinion) ! Car cette perturbation majeure dans la conscience des écrivains noirs émigrés les conduit à se couper du grand courant de la littérature négro-africaine, sans renouveler pour autant le roman français qui en a déjà vu de toutes les couleurs ; et il leur reste encore du chemin avant d’atteindre la « world littérature ». Mongo Mboussa cite Ben Okri, Salman Rushdie, Naipaul, Amin Maalouf et Chamoiseau.

Or la différence entre ces cinq auteurs et nos jeunes émigrés n’est pas le problème d’une « identité meurtrière » dépassée ou non dépassée, mais tout simplement l’envergure et l’ouverture. Ils ont une dimension internationale sans avoir eu besoin d’étouffer en eux le nigérien, l’indien, le libanais, l’antillais.

Tandis que l’on étouffe plutôt dans ces romans d’émigrés repliés sur leur nombril, ou s’amusant au jeu de massacre, tels que nous en offre Sami Tchack ou Couao Zotti.

Au risque d’avoir mis leur « africanité en question »14 ils ne sont pourtant pas entrés dans la mondialisation. Et ce n’est pas faute d’avoir été soutenus par les milieux littéraires français, contrairement à ce qu’affirme Christiane Albert (Figures croisés d’intellectuels, Karthala 2007).

Nos jeunes écrivains sont au contraire très en phase avec ce qui se fait en métropole, et gâtés par les sunlight. A charge pour eux de ne pas se laisser prendre à leur piège. Et, oserais-je le dire, de travailler davantage, se chercher davantage, plutôt que de produire un roman tous les ans… et qui ne pèse pas très lourd.

BIBLIOGRAPHIE

KAGNI, Alem, Coca-cola jazz, Paris, Dapper, 2003.

TCHACK, Sami, Place des fêtes, Paris, Gallimard, 2000.

– La fête des masques, Paris, Gallimard, 2004.

MABANCKOU, Alain, Bleu blanc rouge, Paris, Présence Africaine, 1998.

– African Psycho, Serpent à plumes, Paris, Présence Africaine, 2003.

– Verre Cassé, Paris, Seuil, 2005.

– Mémoires d’un porc épic, Paris, Gallimard., 2006.

NGANANG, Patrick, Temps de chien, Paris, Gallimard, 2003.

– L’invention du beau regard, Paris, Gallimard, 2004.

ZOTTI, Couao, L’homme dit fou…, Paris, Serpent à plumes, 2004.

– Notre pain de chaque jour, Paris, Serpent à plumes, 2005.

EFFA, G. P., Ma, Paris, Serpent à plumes, 1998

– Le cri que tu pousses n’éveillera personne, Paris, Gallimard, 2005.

BIYAOULA, Daniel, L’impasse, Paris, Présence Africaine, 1997.

– Agonies, Paris, Présence Africaine, 1998.

– La source de joies, Paris, Présence Africaine, 2003.

DIOME, Fatou, La préférence nationale, Paris, Présence Africaine, 2000.

– Le ventre de l’Atlantique, Paris, A. Carrère, 2003.

EFOUI, Kossi, La polka, Paris, Seuil, 1998.

– La fabrique de cérémonies, Paris, Seuil, 2001.

BEYALA, Calixthe, C’est le soleil qui m’a brûlée, Paris, Stock, 1987.

WABERI, Abdourahman, Cahier nomade, Paris, Serpent à plumes, 1996.

– Transit, Paris, Gallimard, 2003.

EBODE, Eugène, La transmission, Paris, Gallimard., 2004.

[1] IFAN, Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

[2] MBOW, Penda, Que signifie être intellectuel en Afrique ?

[3] Voir Kesteloot, L., Histoire de la littérature négro-africaine, p. 273-275, Paris, Karthala, 2003 ; voir aussi Mboussa, Mongo, L’indocilité, supplément au Désir d’Afrique, Paris, Gallimard, 2006.

[4] KESTELOOT, op .cit.

[5] Voir bibliographie.

[6] Gallimard, 2006.

[7] Céline, De L. F.

[8] Présence Africaine, 1997, 1998.

[9] La source des joies, Présence Africaine, 2003.

[10] Temps de Chien, Gallimard, 2005.

[11] Revue Lire, mars 2003, p. 34.

[12] Revue Lire, mars 2003, p. 26.

[13] Gallimard, 2005.

[14] Avec Peuls et Le dernier des Orphelins.

-PERSPECTIVES NOVATRICES ET LIBERTES CREATRICES DANS LEUR FIGURE – LA DE TOWALY

-PROBLEMATIQUE D’UNE INTEGRATION DE LA POESIE POST-NEGRITUDIENNE ) A LA POETIQUE DE L’UNIVERSEL : LE CAS DE CANICULE DE SOULEYMANE KOLY

-PETROLEUM DE BESSORA : EXPERIENCE DU PORTRAIT PEINT ET STRATEGIES ENONCIATIVES

-CITOYENNETE UNIVERSELLE : LA QUETE OBSEDANTE D’UNE IDENTITE DANS LE VENTRE DE L’ATLANTIQUE

-ESTHETIQUE DU DEVERGONDAGE TEXTUEL DANS POEMES ET VENTS LISSES DE SONY LABOU TANSI

-UNICITE ET COSMOPOLITISME : POUR UNE APPROCHE SOCIO-ESTHETIQUE DE LA « MIGRANCE » DANS LA MIGRATION DES COEURS DE MARYSE CONDE ET SARTORIUS D’EDOUARD GLISSANT

-SEMIOLOGIE DU CHAOS ET FOLIE DANS LE ROMAN CAMEROUNAIS : TEMPS DE CHIEN DE PATRICE NGANANG ET MOI TAXIMAN DE GABRIEL KUITCHE FONKOU

-LA CITATION-EPIGRAPHE, FORMES ET VARIATIONS SUR LE SENS EN ORALITURE CHEZ PATRICK CHAMOISEAU