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Cérémonie de recueillement sur la tombe de Senghor à Bel Air

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CEREMONIE DE RECUEILLEMENT ET DE PRIERES ŒCUMENIQUES DEVANT LA TOMBE DU POETE PRESIDENT LEOPOLD SEDAR SENGHOR

décembre 19, 2018

Allocution du Directeur Général A. Raphaël NDIAYE

  • Monsieur Ousmane Tanor Dieng, Président du Haut Conseil des Collectivités Territoriales, Président du Parti socialiste,
  • Madame et M. les représentants de Moustapha Niasse Président de l’Assemblée nationale, Président du Conseil d’Administration de la FLSS, empêché,
  • Monsieur Djibril Sène ancien ministre, doyen du Conseil d’Administration de la Fondation Léopold Sédar Senghor,
  • Monsieur Daniel Cabou, ancien ministre, ancien élève de Léopold Sédar Senghor à l’Ecole nationale de la France d’Outre-mer,
  • Monsieur Racine Senghor, représentant du Ministre de la Culture empêché,
  • Monsieur Me Boucounta Diallo, membre du Conseil d’Administration de la Fondation Léopold Sédar Senghor,
  • Mesdames et Messieurs les membres de la famille Senghor et de l’Association des descendants de Diogoye Basile Senghor (Hélène, Germaine Senghor, Madeleine Diop, vice-présidente de l’Association),
  • Cher Abbé Jacques Ngor Ndeb Seck, Prêtre musulman et Imam chrétien, fidèle parmi les fidèles, qui nous aide à prier,
  • Monsieur Aliou Faty, ancien Directeur Général de la Fondation Léopold Sédar Senghor,
  • Monsieur Aimé Sène, homme d’affaires attaché à Senghor,
  • Monsieur Jean-Michel Seck, attaché à Senghor,
  • Professeur Amet Seydi, acteur du projet d’institut de mathématiques
  • Mmm
  • Mesdames et Messieurs, en vos titres, grades et qualités (que ceux que je n’ai pas cités ne nous en tiennent pas rigueur), mais à tous nous disons nos remerciements pour leur présence.

Comme l’an dernier à la même date, et bien des années avant, nous nous retrouvons autour de la tombe du Poète Président, et il est heureux qu’il en soit ainsi, car tant de choses nous attachent à lui !

L’homme qui repose ici a été un compagnon de route pour certains, un aîné, un ami, un père, et pour nombre d’entre nous, il demeure un Grand-père, avec qui nous pouvons nouer une relation empreinte de bonhomie, comme cela sied dans nos traditions africaines (je pense ici aux jeunes élèves du Cours Ste Marie de Hann, qui nous apportent chaque fois leur précieux concours au nom de leur école, dont je salue le Directeur Général, le Ministre André Sonko, ainsi que toute son équipe).

C’est pourquoi notre présence de ce jour ne sera pas empreinte de tristesse, mais de l’espérance que ce Patriarche repose dans la paix que Dieu a promise à ceux qui ont gardé la foi dans les épreuves (Cf. « Elégie pour Philippe Maguilen Senghor »), à ceux qui ont su pardonner (Cf. « Prière de paix »), et qui ont également demandé le pardon de leurs fautes de simples mortels.

Léopold Sédar Senghor nous a laissé un legs colossal qu’il importe de découvrir et d’interroger régulièrement. Mais comment s’y prendre avec cet homme multiple et divers, qui se dérobe chaque fois que nous croyons l’avoir cerné. Comment entrer dans une production écrite qui s’est étalée sur 60 années, précisément des années 1930 aux années 1990 ?

Songez que les cinq volumes de la série Liberté, publiée entre 1964 et 1993 totalise 2223 pages, auxquelles viennent s’jouter celles de La Poésie de l’action (1980, 363 pages), Ce que je crois (1988, 236 p.), La Rose de la paix (2001, 192 p) et Culture et éducation (2014, 376 pages), l’ensemble de ses contributions à la revue Ethiopiques (numéro spécial 2006 426 p.), sans compter ses six recueils de poèmes, (447 pages) parus entre 1945 Chants d’ombre et 1979 les Elégies majeures et bien d’autres titres.

Senghor et les Mathématiques

Si le poète est assez connu, mais pas toujours compris (Cf. Le Kaya-Magan), le penseur l’est moins et c’est précisément à la découverte de celui-ci que nous vous invitons, lui le promoteur de l’enseignement des Mathématiques qui, au cours de ses années à Ngasobil (1913 à 1923) « sera presque toujours le premier de sa classe avec de très bonnes notes en mathématiques, en latin-grec et en français », nous dit le Pr. Pierre Basse, rapportant les propos de son frère Charles Senghor.

Au Forum d’Assilah, (Maroc), le 13 août 1990, Senghor déclarait :

« Comme chef de l’Etat du Sénégal, je n’ai pas manqué de réformer les enseignements secondaires et supérieurs. J’y ai donné la priorité aux Mathématiques et aux langues classiques, c’est-à-dire à l’Arabe, au Latin et au Grec »… mais pourquoi les Mathématiques, où nous avons au Sénégal, le plus grand nombre d’agrégés et de docteurs d’Etat ? C’est essentiellement, que cette science a été inventée en Afrique, en Egypte, où les Grecs, fondateurs de la civilisation européenne sont allés l’apprendre. C’est surtout, qu’elles sont, aujourd’hui, à la base de toutes les sciences » (Ethiopiques, vol 7, n° 1, 1er semestre 1991).

Jacques Chatue, Pr. à l’université de Dschang, au Cameroun, citant Senghor dans Ce que je crois, (p 192), relève dans un article intitulé « A propos des philosophèmes mathématiques de Senghor : du discours obvié au rattachement épistémologique », publié dans Ethiopiques (numéro 79 second semestre 2007)  « la volonté de Senghor de « faire des Mathématiques la première discipline de l’enseignement du second degré même pour la section classique ».

Senghor rapproche recherche linguistique et recherche mathématiques, ce qu’il exprime dès 1969 dans le rapport de politique générale, en ces termes :

« Il y a déjà, nous l’avons vu, le Centre de linguistique appliqué de Dakar (CLAD). Notre projet est de créer, à coté, un institut de recherches sur l’enseignement des mathématiques IREM… »

Au colloque sur la négritude, organisé en 1976, le Pr. Souleymane Niang, mathématicien et doyen de la faculté des sciences de l’Université de Dakar, développe la thématique « Négritude et Mathématiques », et démontre, nous dit Senghor dans La poésie de l’action que « l’essentiel, en mathématique, ce n’était pas le calcul, pas la logique cartésienne, mais l’intuition et l’imagination. Nous sommes donc en train d’adapter nos programmes de mathématiques à la réalité africaine, au génie africain. » (1980 : 74 -75).

Senghor et son projet d’un institut de Mathématiques (Ameth Seydi)…

Les références aux mathématiques traversent les écrits du penseur en maints endroits ; cependant, arrêtons-nous sur son projet de création d’un Institut de recherches en sciences Mathématiques, qui devait porte le nom de Benjamin Banneker..

Mais qui est Benjamin Banneker, promu parrain de cet institut ?

Il est né le 9 novembre 1731 dans le comté de Baltimore (Maryland) et mort le 9 octobre 1806 au même endroit. C’est l’un des concepteurs de la ville de Washington, capitale des Etats-Unis. Il est fils et petit-fils d’esclaves. Le nom originel de la famille est Banna Ka ou Bannakay. Son père, Robert Bannakay, est connu pour avoir érigé plusieurs barrages sur des cours d’eau.

Benjamin est d’abord fabricant d’horloges, car à l’âge de 21 ans, il découvre le brevet d’une montre chez ses voisins, et emprunte cette dernière pour en retranscrire le schéma de fabrication. Puis il fabrique des répliques en bois de chaque pièce. Il finit par commercialiser ses montres et l’un de ses clients, Joseph Ellicott, un géomètre, a besoin d’une horloge très précise pour effectuer ses calculs de localisation des étoiles dans le ciel, afin de situer ses positions terrestres. Joseph est impressionné par le travail de Banneker et lui prête des ouvrages de mathématiques et d’astronomie ce qui en fera un astronome et un mathématicien.

Le projet de cet Institut a été préparé avec le professeur Amet Seydi, agrégé de Mathématiques. Dans le rapport de Jacques Keriguy, chargé de mission en 1988 auprès de la Fondation Senghor par l’UNESCO, il en est dit ceci, entre autres :

« Centre de rencontres, lieu d’échange entre les mathématiciens d’Afrique et, plus largement du Tiers-Monde, il devrait recevoir la mission de centraliser et d’organiser toutes les formes de la recherche mathématique, incluant l’application des mathématiques à toutes les disciplines, spécialement l’économie et la sociologie »

Sous l’égide de Senghor le projet prévoyait :

  • l’attribution de bourses et de prix aux mathématiciens du Tiers-Monde et de la diaspora,
  • un prix Léopold Sédar Senghor de mathématiques,
  • un centre de calcul Cheikh Anta Diop,
  • un prix Cheikh Anta Diop de mathématiques pour la vulgarisation de la science mathématique et la promotion de l’enseignement des mathématiques,
  • des olympiades africaines de mathématiques qui devaient porter le nom de Philippe Maguilen Senghor,
  • l’édition d’un « Journal de mathématiques du Sénégal »,
  • une coopération avec des associations internationales vouées à la mathématique (Union de mathématique africaine, Association des mathématiciens et physiciens africains, Académie des sciences du Tiers-Monde, Académie africaine des sciences), etc.

Projets novateurs non aboutis et sources d’inspiration

Malgré une présence majeure sur la scène politique du Sénégal de 1945 à 1980, soit sur 35 années, Senghor n’a pu réaliser ce projet comme tant d’autres, dont le Musée des Civilisations Noires, (pour lequel, il avait dégagé une assiette foncière d’environ 20 ha du côté de la Corniche ouest). Cependant le Penseur et Visionnaire demeure un précurseur et une lumière qui scintille et éclaire les horizons de nos possibles. C’est pourquoi il convient de visiter ses écrits, rappelons-le, sur 60 années, et de les interroger sur les nombreux sujets que sa réflexion prospective a investis.

Je vous remercie de votre bienveillante et aimable attention.

Détails

Date : décembre 19, 2018
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Lieu

CIMETIERE DE BEL AIR
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